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En séjour en Chine dans le cadre du programme 2026 du Centre international de communication de la presse de Chine (CIPCC), une vingtaine de journalistes africains ont découvert cette semaine l’un des piliers du développement chinois : la formation professionnelle. À Tianjin, berceau de l’Atelier Luban, ils ont exploré un modèle éducatif qui s’impose progressivement comme une référence mondiale en matière de formation technique et de coopération internationale.
Ville pionnière de l’éducation professionnelle en Chine, Tianjin est à l’origine de l’Atelier Luban, une initiative devenue l’un des symboles de la coopération éducative internationale du pays. Son nom rend hommage à Luban, célèbre artisan de l’Antiquité chinoise, considéré comme l’incarnation du savoir-faire, de l’innovation et de l’éthique professionnelle.
Tianjin, berceau d’un modèle éducatif tourné vers l’avenir
L’Atelier Luban constitue un projet concret de coopération entre établissements chinois et étrangers. Son objectif est de partager avec le monde l’expertise chinoise en matière de formation professionnelle à travers des programmes adaptés aux besoins des économies partenaires. Aujourd’hui, la Chine a implanté 38 Ateliers Luban dans 32 pays d’Asie, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique, faisant de ce réseau un véritable pont entre les systèmes éducatifs et les marchés du travail.
Un modèle fondé sur l’intégration entre école et industrie
La particularité du modèle de Tianjin réside dans son approche intégrée associant formation, industrie, innovation et emploi. Les Ateliers Luban fonctionnent selon une coopération étroite entre établissements d’enseignement, entreprises et administrations publiques.
Les formations sont directement intégrées aux systèmes éducatifs nationaux des pays partenaires et répondent aux besoins réels des secteurs économiques locaux. Les étudiants bénéficient ainsi d’une formation diplômante combinée à des certifications professionnelles reconnues.
Cette approche permet de former des techniciens, des ingénieurs et des spécialistes immédiatement opérationnels, capables d’accompagner le développement industriel de leur pays.
L’innovation pédagogique EPIP au cœur du succès
Au centre de ce dispositif se trouve le modèle pédagogique EPIP, acronyme d’Ingénierie, Pratique, Innovation et Projet. Contrairement aux méthodes traditionnelles centrées sur la théorie, l’EPIP privilégie la résolution de problèmes réels dans des environnements professionnels simulés ou directement inspirés de l’industrie. Les étudiants apprennent en réalisant des projets concrets, en manipulant des équipements de pointe et en développant des solutions innovantes.
Autre particularité du système : la formation des formateurs. Des enseignants étrangers sont régulièrement accueillis en Chine pour renforcer leurs compétences techniques avant de retourner dans leurs pays afin de transmettre leur expertise aux nouvelles générations.
Cette démarche favorise l’autonomisation progressive des partenaires et garantit la durabilité des projets.
Une reconnaissance internationale grandissante
Les résultats obtenus par l’Atelier Luban ont valu à cette initiative plusieurs distinctions prestigieuses, dont le Prix spécial national des résultats pédagogiques de Chine et le premier Prix mondial de l’éducation professionnelle.
Les étudiants issus des Ateliers Luban se distinguent régulièrement lors des compétitions internationales de compétences, remportant des médailles d’or, d’argent et de bronze aux Jeux mondiaux des compétences des établissements professionnels.
Plusieurs pays, notamment la Thaïlande et le Cambodge, ont également décerné de hautes distinctions aux bâtisseurs chinois de l’Atelier Luban pour leur contribution exceptionnelle au développement des compétences locales et au renforcement de l’amitié entre les peuples.
L’Afrique, partenaire privilégié de la coopération éducative chinoise
Le continent africain occupe une place centrale dans l’expansion du réseau Luban. Intégré aux résultats du Forum sur la coopération sino-africaine, le programme compte aujourd’hui 17 Ateliers Luban répartis à travers toutes les régions d’Afrique.
L’Atelier Luban d’Égypte est souvent cité comme un modèle de réussite. Fruit de la coopération entre établissements de Tianjin et universités égyptiennes, il propose un parcours complet allant de l’enseignement secondaire à la licence universitaire, avec des programmes officiellement reconnus par les autorités éducatives égyptiennes.
Au Mali, l’introduction d’équipements numériques liés à la médecine traditionnelle chinoise illustre également la diversité des domaines couverts par les Ateliers Luban.
Des technologies de pointe au service de la formation
La visite du Centre d’expérience de l’Atelier Luban a permis aux journalistes africains de découvrir plusieurs espaces interactifs illustrant la philosophie du programme.
Dans l’espace de fabrication intelligente, une ligne de production robotisée reproduit les différentes étapes d’un processus industriel moderne. Cette technologie est déjà utilisée dans plusieurs Ateliers Luban en Asie.
L’espace consacré aux énergies nouvelles présente des plateformes de formation dédiées aux systèmes éoliens et solaires, contribuant à la transition énergétique des pays partenaires.
Les visiteurs ont également découvert des simulateurs de conduite de trains à grande vitesse utilisés pour former des étudiants du Nigeria, de Djibouti, de Thaïlande et d’autres pays.
L’intelligence artificielle occupe aussi une place croissante dans les programmes de formation. Robots quadrupèdes, robots pédagogiques interactifs et systèmes intelligents témoignent de l’intégration des technologies émergentes dans l’enseignement professionnel chinois.
Un outil de diplomatie éducative et culturelle
Outre le transfert de compétences techniques, l’Atelier Luban se présente comme un instrument de rapprochement entre les peuples.
Le président chinois a, à plusieurs reprises depuis 2018, souligné l’importance de cette initiative pour former davantage de jeunes qualifiés et favoriser les échanges humains. L’objectif est de créer non seulement des professionnels compétents, mais également des ambassadeurs de l’amitié entre les nations.
Cette dimension culturelle se retrouve notamment dans les espaces dédiés au patrimoine immatériel de Tianjin, où les étudiants étrangers découvrent des traditions chinoises telles que les peintures de Yangliuqing ou les célèbres figurines colorées de Niren Zhang.
Une vision mondiale de la formation professionnelle
La Chine entend désormais jouer un rôle majeur dans la gouvernance mondiale de l’éducation professionnelle. Tianjin a ainsi accueilli, en partenariat avec le ministère chinois de l’Éducation, les Conférences mondiales sur le développement de l’éducation professionnelle en 2022 et 2024.
Ces rencontres ont permis de créer une plateforme internationale associant conférences, alliances universitaires, compétitions professionnelles, expositions et publications scientifiques.
À travers l’Atelier Luban, Tianjin démontre que la formation professionnelle peut devenir un puissant moteur de développement industriel, de coopération internationale et d’échanges interculturels.
Pour les journalistes africains en visite, cette immersion a mis en lumière un modèle éducatif où l’école, l’entreprise et l’innovation avancent ensemble. Un modèle que de nombreux pays du Sud regardent désormais avec intérêt pour relever les défis de l’emploi, de l’industrialisation et du développement durable.

De Beijing, Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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