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CONAKRY- Le Groupe de la Banque mondiale a organisé du 18 au 19 juin 2026 un atelier conjoint sur la passation des marchés, la gestion financière et l’intégrité dans le cadre des projets qu’elle finance en Guinée. Ces sessions s’inscrivent dans son engagement à promouvoir une gestion transparente, équitable et efficace des ressources publiques dans ses pays partenaires. Cette rencontre tenue à Conakry vise à renforcer les capacités en matière de prévention de la fraude et la corruption ; la conformité fiduciaire et la gestion des risques dans l’exécution des projets.
L’objectif c’est aussi de renforcer particulièrement la culture d’intégrité et de conformité en faveur des acteurs clés du cycle de projet. Ces deux jours ont été un cadre d’échanges ouvert sur les bonnes pratiques en matière de passation des marchés et de gestion financière. Ils ont également contribué à créer un environnement des affaires plus transparent, compétitif et équitable.
Selon le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, la mise en œuvre du programme de développement Simandou 2040 nécessite la mobilisation de toutes les forces et de toutes les énergies domestiques.
« Parmi les acteurs de la chaîne des politiques publiques, de la chaîne d’exécution des dépenses, que ce soit des dépenses courantes et des dépenses d’investissement, il y a les acteurs de la commande publique. Conscients du défi de renforcement des capacités de ces acteurs, notre partenaire la Banque mondiale a jugé nécessaire de nous accompagner dans le cadre du renforcement des capacités de ces acteurs sur la question de la passation des marchés, de la gestion financière, mais surtout sur l’intégrité. En toile de fond, renforcer la capacité des acteurs en matière de gestion, mais aussi en matière d’anticipation », a expliqué Mamadou Touré.
Pour lui, cette initiative qui vise à faire de la Guinée un pays émergent passe nécessairement par le renforcement du cadre de gouvernance globale et par le renforcement du cadre opérationnel.

« Tout récemment, nous avons tous été témoins du lancement de la plateforme qui s’occupe de la chaîne de la commande publique, Télémo. Derrière cette plateforme, il y a des acteurs, notamment les PRPM, les personnes responsables de la passation des marchés, les agents et cadres, et les cadres de la direction générale du contrôle des marchés publics, les cadres de l’autorité de régulation des marchés publics et d’autres cadres venant des corps de contrôle. Cette session vise à vulgariser un certain nombre de pratiques, de procédures édictées et mises en œuvre par la Banque mondiale. Et ceci a pour finalité aussi, compte tenu de l’apport de la Banque mondiale dans le cadre du financement et de la mise en œuvre de nos projets d’investissement, d’améliorer la capacité d’absorption de notre pays. On ne peut pas améliorer cette capacité d’absorption si on n’est pas à l’aise avec les procédures, avec la gestion financière, si on n’est pas conscient que l’intégrité, surtout des informations qui sont partagées, sont des éléments qui seront appréciés, sont des éléments qui concourent à améliorer cette capacité d’absorption », a ajouté Mamadou Touré.
Le coordonnateur sous-régional (Côte d’Ivoire, Bénin, Guinée et Togo) pour les marchés publics de la Banque mondiale a pour sa part, déclaré que cet atelier s’inscrit dans une démarche beaucoup plus globale qui vise à amener les différents acteurs des marchés publics, les entités publiques et le secteur privé à comprendre l’importance des questions d’intégrité dans les marchés publics.
« Lors des présentations, nous avons essayé d’avoir une démarche intégrée en parlant d’abord des marchés publics, de la gestion financière et maintenant pour couronner le tout avec les interventions de notre département de l’intégrité dans les projets qui sont financés par la banque. Il nous faut une approche de tolérance zéro sur les questions de fraude et de corruption. C’est une obligation pour nous, du point de vue judiciaire, de nous assurer que les ressources sont utilisées pour les fins pour lesquelles elles ont été données au gouvernement », a déclaré Abdoulaye Keïta qui ajoute que cet atelier a été plutôt une sensibilisation pour les participants.

« Nous espérons que les participants auront été mieux sensibilisés sur ces questions de fraude et de corruption. Qu’ils auront également compris mieux les mécanismes de gestion des plaintes, les modalités d’intervention de notre département de l’intégrité et tous les canaux, tous les boulevards qui sont offerts aux différentes parties impliquées dans les projets financés par la Banque mondiale pour remonter les cas de plainte ou remonter les cas de dénonciation des cas de fraudes ou des corruptions », a ajouté Abdoulaye Keïta.
Le Directeur sectoriel de Passation des Marchés de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a fait savoir que le but de cet atelier est aussi d’assurer que les ressources de développement soient efficacement utilisées pour le bien des citoyens guinéens de manière transparente.
« Cela compte parce que la procuration publique n’est pas seulement un processus et une compréhension, comme certains pensent. C’est un instrument très puissant de développement. Quand la procuration fonctionne bien, les projets délivrent des résultats, les routes se connectent aux communautés, les écoles éduquent nos enfants, les hôpitaux sauvent les vies de nos propres citoyens, dont vous et moi », a expliqué Adu-Gyamfi Abunyewa.
Il rappelle par la suite que quand l’intégrité a failli, la conséquence peut être immédiate et elle peut aussi être très dévastatrice.

« Nous avons vu des contrats où la mauvaise gestion a conduit à des délais qui ne permettent pas aux communautés d’avoir accès aux services essentiels, comme l’appui d’eau efficace, les services de santé et l’électricité. Le gouvernement veut donc fournir de l’eau aux communautés et promet qu’un contrat a été signé et qu’au cours des six mois, l’eau va couler. Parfois durant trois ans, il n’y a pas d’eau pour les communautés parce que les constructeurs ne fournissent pas et le personnel de supervision ne fait pas d’efforts. Ce ne sont pas seulement des erreurs techniques, ce sont des erreurs de responsabilisation et elles affectent directement nos citoyens. Tous les citoyens seront affectés parce qu’ils ne sont pas fournis », a déclaré Adu-Gyamfi Abunyewa.
Au terme de ces deux jours de formation, les participants ont affirmé avoir été informés sur les normes et exigences applicables aux projets financés par le Groupe de la Banque mondiale, les mécanismes de prévention et de détection des irrégularités, ainsi que des voies de recours disponibles pour signaler d’éventuels manquements.
C’est le cas de la cheffe service fourniture et prestations courantes Finex au niveau de la direction générale du contrôle des marchés publics. Pour Mme Bangoura Kadiatou Thiam, participer à cette formation de deux jours a été un réel plaisir pour elle. Elle affirme avoir eu une visibilité sur la gestion et la prévention des différends, et surtout au niveau de la fraude et la corruption.

« C’est très important, parce que dans le principe de gouvernance économique, il faudrait vraiment que la population, surtout les acteurs, les parties prenantes, comprennent le sens de la fraude et la corruption, qui sont vraiment des facteurs bloquants dans le développement économique d’une nation. Je suis très satisfaite, parce que dans les clauses des contrats, nous essayons de les mettre en application. Mais étant déjà cheffe service au niveau du financement extérieur, je pense que cet atelier m’a permis d’avoir une grande visibilité sur les préventions de ces différentes pratiques », a réagi Mme Bangoura Kadiatou Thiam.

Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 juin 2026 10:01
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