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Le Groupe de la Banque mondiale a donné le coup d’envoi, ce jeudi 18 juin 2026 à Conakry, d’un atelier conjoint crucial de deux jours consacré à la passation des marchés, à la gestion financière et à l’intégrité. Réunissant l’ensemble de la chaîne de la commande publique guinéenne ainsi que le secteur privé, cette rencontre de haute importance vise à ancrer une culture de « tolérance zéro » face à la fraude et à la corruption, tout en renforçant la capacité d’absorption des financements destinés au développement de la Guinée.
Le Groupe de la Banque mondiale organise les 18 et 19 juin 2026 à Conakry un atelier conjoint sur la passation des marchés, la gestion financière et l’intégrité dans le cadre des projets qu’elle finance en Guinée. Ces sessions s’inscrivent dans l’engagement du Groupe de la Banque mondiale à promouvoir une gestion transparente, équitable et efficace des ressources publiques dans ses pays partenaires.
L’événement propose un double rendez-vous destiné à des publics distincts. La session du 18 juin est consacrée aux responsables gouvernementaux et aux équipes chargées de la mise en œuvre des projets financés par la Banque mondiale, tandis que celle du 19 juin est dédiée au secteur privé, notamment aux entreprises et opérateurs économiques participant aux appels d’offres dans le cadre de ces projets.
Ces sessions visent à renforcer la culture d’intégrité et de conformité parmi les principaux acteurs du cycle de projet. Elles offrent un cadre d’échanges ouvert sur les bonnes pratiques en matière de passation des marchés et de gestion financière, tout en contribuant à la création d’un environnement des affaires plus transparent, compétitif et équitable.
Les participants seront sensibilisés aux normes et exigences applicables aux projets financés par le Groupe de la Banque mondiale, aux mécanismes de prévention et de détection des irrégularités, ainsi qu’aux voies de recours disponibles pour signaler d’éventuels manquements.
Animées conjointement par des experts en passation des marchés, en gestion financière et en prévention des risques fiduciaires, ces sessions adoptent une approche intégrée au service du développement. Cette démarche coordonnée vise à offrir une vision globale et cohérente des enjeux liés à l’intégrité, afin de renforcer l’efficacité de l’exécution des projets et d’optimiser leurs résultats au bénéfice des populations guinéennes.
Le Groupe de la Banque mondiale réaffirme ainsi son engagement aux côtés de la Guinée pour soutenir la mise en place de systèmes de gouvernance robustes, transparents et durables.
Pour Abdoulaye Keita, spécialiste principal de la passation des marchés et coordinateur sous-régional de la Banque mondiale pour la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Bénin, ‘’l’atelier d’aujourd’hui s’inscrit dans une démarche beaucoup plus globale, je dirais même au niveau régional. Et ce que nous visons surtout, c’est amener les différents acteurs des marchés publics, donc les entités publiques, le secteur privé, tout le monde à comprendre un peu l’importance des questions d’intégrité dans les marchés publics. C’est pourquoi, lors des présentations, nous avons essayé d’avoir une démarche, disons intégrée, en parlant d’abord des marchés publics, de la gestion financière, et maintenant pour couronner le tout avec les interventions de notre département de l’intégrité dans les projets qui sont financés par la Banque’’.
Transparence, gestion des plaintes et optimisation de la capacité d’absorption
Abordant la délicate question des recours, Abdoulaye Keita précise qu’il ‘’faut distinguer différents types de plaintes. Parce qu’il y a des plaintes qui surviennent lors des processus de passation de marchés et qui sont gérées au niveau de la passation des marchés avec des délais bien précis, qui ne sont pas vraiment des délais excessifs. Et donc, à l’issue du traitement de ces plaintes sur les marchés, le processus suit son cours. Par contre, vous avez d’autres formes de plaintes qui sont des plaintes qui arrivent au niveau du département de l’intégrité et pour lesquelles il y a des investigations beaucoup plus approfondies qui sont faites. Et ces investigations, naturellement, peuvent prendre du temps, mais dans tous les cas, elles sont conclues. Soit elles donnent lieu, disons, après les enquêtes préliminaires, à des enquêtes approfondies qui vont déboucher sur des décisions, peut-être même des sanctions. Ou alors, si à l’issue des enquêtes préliminaires, il n’y a pas de matière à redire, ce sont des cas qui sont tout simplement classés. Donc, il y a des cas dans les marchés qui sont traités dans des délais raisonnables, mais les cas qui nécessitent beaucoup plus de temps sont ceux qui font l’objet d’investigations’’.
Le coordinateur sous-régional rappelle également la mission cruciale de l’institution en expliquant qu’au ‘’niveau de la lutte contre la pauvreté, mais aussi dans le cadre des financements que nous donnons, nous assurer que les ressources que nous mettons à la disposition des pays sont effectivement utilisées pour l’objet pour lequel elles ont été consenties. Et donc, ce qui nous amène, comme l’a dit mon collègue de l’ANT, à cette approche de tolérance zéro sur les questions de fraude et de corruption. Donc, c’est une obligation pour nous, du point de vue fiduciaire, de nous assurer que les ressources sont utilisées pour les fins pour lesquelles elles ont été données au gouvernement’’.
En termes de perspectives, il ajoute que ‘’c’est un atelier de sensibilisation, donc nous espérons que les participants auront été mieux sensibilisés sur ces questions de fraude et de corruption, qu’ils auront également compris, disons, mieux les mécanismes de gestion des plaintes, et enfin, ils auront également compris, disons, les modalités d’intervention de notre département de l’intégrité et tous les canaux, tous les boulevards qui sont offerts aux différentes parties impliquées dans les projets financés par la Banque pour remonter les cas de plainte ou remonter les cas de dénonciation pour des fraudes ou des corruptions’’.
De son côté, le secrétaire général du ministère de l’économie, des finances et du budget, Dr Mamoudou Touré, a contextualisé l’importance de cet appui stratégique face aux ambitions nationales.
‘’Il vous souviendra que notre pays a adopté un programme de développement économique et social, durable et responsable, Simandou 2040. La mise en œuvre de ce programme de développement nécessite la mobilisation de toutes les forces et de toutes les énergies domestiques. Parmi les acteurs de la chaîne des politiques publiques, de la chaîne d’exécution des dépenses, que ce soit des dépenses courantes et des dépenses d’investissement, il y a les acteurs de la commande publique. Conscients du défi de renforcement des capacités de ces acteurs, notre partenaire la Banque mondiale a jugé nécessaire de nous accompagner dans le cadre du renforcement des capacités de ces acteurs sur la question de la passation des marchés, sur la question de la gestion financière, mais surtout sur la question d’intégrité. En toile de fond, renforcer la capacité des acteurs en matière de gestion, mais aussi en matière d’anticipation. C’est une initiative qui rentre dans le cadre d’une vision globale des autorités, sous l’impulsion de M. le président de la République, M. Mamadi Doumbouya, qui vise à faire d’une Guinée émergente une réalité’’, explique-t-il.
Dr Mamoudou Touré met également en avant les récents progrès technologiques et les acteurs mobilisés en assurant que ‘’ceci passe par le renforcement du cadre de gouvernance global, par le renforcement du cadre opérationnel. Tout récemment, nous avons tous été témoins du lancement de la plateforme qui s’occupe de la chaîne de la commande publique, Télémo, et derrière cette plateforme, il y a des acteurs, notamment les PRMP, les personnes responsables de la passation des marchés, les agents et cadres et hauts cadres de la Direction générale du contrôle des marchés publics, les cadres de l’Autorité de régulation des marchés publics et d’autres cadres venant des corps de contrôle. Cette session vise à vulgariser un certain nombre de pratiques, un certain nombre de procédures édictées et mises en œuvre par la Banque mondiale. Et ceci a pour finalité aussi, compte tenu de l’apport de la Banque mondiale dans le cadre du financement et de la mise en œuvre de nos projets d’investissement, d’améliorer la capacité d’absorption de notre pays. On ne peut pas améliorer cette capacité d’absorption si on n’est pas à l’aise avec les procédures, si on n’est pas à l’aise avec la gestion financière, si on n’est pas conscient que l’intégrité, surtout des informations qui sont partagées, sont des éléments qui seront appréciés, sont des éléments qui concourront à améliorer cette capacité d’absorption. Donc, c’est le lieu et le moment pour nous de remercier ce partenaire stratégique qui a quand même un engagement assez fort en termes de portefeuille actif, mais aussi en termes de couverture des secteurs. Parce que les engagements de la Banque mondiale couvrent les secteurs les plus stratégiques de notre pays. Nous voudrions saluer ce type d’initiative et nous avons aussi lancé un appel aux participants qui ont bénéficié de cette formation de faire bon usage des notions, des concepts, des procédures, des meilleures pratiques qui ont été partagées par les formateurs. Et de faire en sorte aussi de diffuser, de passer l’information aux autres qui n’ont pas eu la chance de participer à cette formation’’.
Le secrétaire général du ministère de l’économie conclut sur l’impact direct de cette rigueur budgétaire sur les populations en indiquant que ‘’ceci s’inscrit dans le cadre d’une démarche globale qui vise à nous adapter au contexte en renforçant les capacités de nos différents acteurs. Et pour terminer, cet exercice rentre dans la volonté aussi des autorités d’améliorer la gestion des projets d’investissement, mais surtout d’améliorer l’impact de ces projets sur la vie de nos concitoyens et de nos concitoyennes. Quand un projet n’est pas bien géré financièrement, il va sans dire que la question d’inefficience se posera, il va sans dire que l’effet et l’impact attendu sur nos populations risquent d’être rouillés. C’est pourquoi, nous apprécions ce type d’initiative et nous lançons aussi un appel aux autres partenaires d’en faire autant dans le cadre de la qualification de la gestion des projets d’investissement sur le financement extérieur’’.
Les bénéficiaires directs de cette formation n’ont pas caché leur enthousiasme. Kadiatou Thiam, chef service fourniture et prestations courantes à la Direction générale du contrôle des marchés publics, témoigne de la plus-value de cette rencontre.
‘’C’est un plaisir pour moi de participer à cette formation qui m’a donné une visibilité sur la gestion et la prévention des différends et surtout sur la fraude et la corruption. C’est très important parce que, dans le principe de gouvernance économique, il faudrait vraiment que la population, surtout les acteurs, les parties prenantes comprennent le sens de la fraude et de la corruption qui sont vraiment des facteurs bloquants dans le développement économique d’une nation. Je suis très satisfaite parce que dans les clauses des contrats, nous essayons de les mettre en application. Mais étant déjà chef de service au niveau du financement extérieur, je pense que cette journée m’a permis aujourd’hui d’avoir une grande visibilité sur ces préventions de ces différentes pratiques’’, a-t-elle souligné.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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