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La ministre de l’agriculture a présenté les grandes ambitions du gouvernement pour moderniser le secteur agricole et accélérer sa transformation industrielle. C’était ce vendredi à l’occasion du lancement officiel des projets et réformes du pilier 1 du programme Simandou 2040 consacré à l’agriculture où Aminata Kaba a annoncé la création d’une véritable chaîne de valeur nationale permettant à la Guinée de transformer localement ses productions agricoles et de réduire sa dépendance aux importations.
‘’Le défi de notre temps n’est plus seulement de produire. Le véritable défi, désormais, c’est de transformer, de stocker, de transporter, de certifier, de distribuer et de connecter durablement le producteur guinéen aux consommateurs guinéens, mais aussi africains’’, a déclaré la ministre de l’agriculture devant des autorités, partenaires et acteurs du monde rural.
Pour Amina Kaba, le modèle économique basé sur l’exportation de matières premières agricoles brutes ne permet plus de répondre aux exigences de développement du pays. ‘’Nous ne devons plus continuer à exporter des matières premières agricoles brutes et importer des produits transformés’’, a-t-elle insisté, appelant à une accélération de la transformation locale afin de créer davantage de richesses et d’emplois.
Tout en rappelant que cette orientation s’inscrit dans ‘’la vision portée par le président de la République’’, elle rappelle que ‘’le chef de l’État, lors de son discours à Nairobi, a rappelé que l’Afrique ne devrait plus servir uniquement de source de matières premières à exporter, mais doit désormais transformer ces matières premières localement. Je pense que nous sommes aujourd’hui sur cette voie’’.
Selon elle, la transformation locale constitue un levier essentiel pour renforcer la souveraineté alimentaire, développer l’emploi des jeunes, créer de la valeur ajoutée et accélérer l’industrialisation du pays.
Pour concrétiser cette ambition, le programme Simandou 2040 prévoit la mise en place de onze parcs agro-industriels répartis à travers le territoire national. Ces infrastructures intégreront des unités de transformation, des plateformes logistiques, des laboratoires de contrôle qualité ainsi que des solutions énergétiques modernes adaptées aux besoins des industries agricoles. ‘’Avec la construction de onze parcs agro-industriels répartis sur le territoire national, nous posons les bases d’une véritable révolution agro-industrielle’’, a annoncé la ministre.
Au-delà des infrastructures, Madame Kaba a insisté sur un autre axe majeur de la réforme : la structuration des producteurs agricoles. Selon elle, la compétitivité du secteur passe nécessairement par une meilleure organisation des exploitants et des coopératives. ‘’Sans organisation, il n’y a pas de compétitivité. La structuration des coopératives et la création d’agrégateurs permettront de garantir des volumes réguliers, la qualité et la traçabilité exigées par la grande distribution’’, a-t-elle expliqué.
La ministre a reconnu que l’agriculture guinéenne demeure aujourd’hui très fragmentée et largement dominée par de petites exploitations familiales. Pour remédier à cette situation, le gouvernement prévoit, dans la première phase du programme Simandou 2040 couvrant la période 2025-2030, de structurer 5 000 coopératives agricoles, de développer une centaine d’agrégateurs et de créer plusieurs centres d’agrégation équipés d’infrastructures modernes de stockage, de tri-calibrage et de chambres froides.
Ces investissements devraient permettre d’intégrer durablement les petits producteurs dans des chaînes de valeur performantes et compétitives. ‘’Le petit producteur restera au centre du dispositif, mais il sera désormais relié à une chaîne de valeur moderne et compétitive capable de répondre aux exigences du marché’’, a assuré la patronne du département de l’agriculture.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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