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CONAKRY – La Guinée cherche à obtenir un nouveau programme de financement du Fonds monétaire international. Dans cette perspective, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a tenu une réunion stratégique avec la délégation du FMI, présente à Conakry depuis quelques jours, a appris Africaguinee.com.
Selon la première institution financière guinéenne, ces échanges ne relèvent pas d’un simple suivi d’un accord existant, mais constituent « le cœur même des négociations en vue de l’établissement d’un nouveau Programme de Facilité Élargie de Crédit (FEC) ».
Conakry met notamment en avant la progression de ses réserves, sa stratégie autour de l’or et l’impact du projet Simandou sur les équilibres macroéconomiques. Face aux experts du FMI, les autorités monétaires guinéennes ont défendu la solidité des fondamentaux économiques du pays, la crédibilité de la politique monétaire et la situation du système financier.
Une politique monétaire présentée comme prudente
Dans ses échanges avec les émissaires du FMI, la BCRG a mis l’accent sur l’assouplissement monétaire engagé en 2025, avec une baisse du taux directeur de 10,75 % à 9,50 % et une réduction du coefficient des réserves obligatoires de 12,75 % à 11,50 %.
« Notre approche n’a jamais été celle d’une facilité monétaire aveugle, mais d’un pilotage fin destiné à soutenir l’activité réelle sans compromettre la stabilité des prix » a déclaré le Premier vice-gouverneur.

L’or comme « assurance-vie » de l’économie
Un autre argument majeur présenté au FMI concerne la gestion des réserves internationales. La BCRG affirme avoir développé une stratégie visant à renforcer la souveraineté monétaire du pays grâce à la monétisation de l’or artisanal. À la fin mars 2026, les réserves étaient composées de 75,11 % de devises et 24,89 % d’or.
« L’or que nous gérons n’est pas une fin en soi, c’est une assurance-vie pour notre économie. C’est la preuve que la Guinée peut mobiliser ses ressources endogènes pour sécuriser son avenir financier », a soutenu le responsable de la BCRG.

Simandou, nouvel atout de la Guinée
Les discussions ont également porté sur l’impact du mégaprojet minier Simandou. Selon la Banque centrale, les investissements directs étrangers liés au projet ont atteint 6,489 milliards de dollars en 2025, soit 16,8 % du PIB.
La BCRG affirme que cette dynamique a contribué à faire passer la balance des paiements d’un déficit de 151,55 millions USD en 2024 à un excédent global de 3,121 milliards USD en 2025.
Vers un accord avec le FMI ?
À l’issue de cette rencontre, la Banque centrale estime avoir présenté au FMI les éléments nécessaires pour l’ouverture des négociations formelles autour d’un nouveau programme FEC (facilité élargi de crédit).
« Notre objectif commun est clair : fournir tous les éléments d’appréciation utiles pour faciliter votre prise de décision et sceller, dans les meilleurs délais, un Programme de Facilité Élargie de Crédit ambitieux et réaliste, gage de prospérité pour la Guinée », a déclaré le Premier vice-gouverneur représentant le gouverneur Karamo Kaba.

D’autres réunions techniques sont prévues durant la mission, notamment sur la balance des paiements, les réformes bancaires et monétaires, la lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que le suivi des engagements quantitatifs convenus avec le FMI.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 19 juin 2026 17:18
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