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En mission à Paris, le ministre de la modernisation de l’administration et de la fonction publique, Faya François Bourouno, multiplie les rencontres avec des institutions françaises de premier plan pour nouer des partenariats. Une démarche qui s’inscrit dans la vision de refondation de l’État portée par le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, et qui vise à doter la Guinée d’une administration plus performante, inclusive et résolument tournée vers les défis de demain.
Dans la capitale française, le ministre multiplie les rencontres avec les institutions les plus influentes en matière de gouvernance publique, de formation des hauts cadres et d’évaluation des politiques publiques. Derrière cette offensive diplomatique et technique se dessine une ambition qui vise à construire une administration moderne, performante et inclusive, capable d’accompagner la mise en œuvre du programme Simandou 2040 et de répondre efficacement aux attentes des citoyens.
A l’Agence française de développement (AFD), partenaire historique de la Guinée, la rencontre a permis d’évaluer les résultats du Programme d’Appui au Perfectionnement de l’Administration Publique (PAPAP), devenu aujourd’hui l’une des expériences les plus réussies en matière de renforcement des capacités administratives en Guinée.
Plus de 600 fonctionnaires, dont une forte proportion de femmes et de personnes vivant avec un handicap, ont bénéficié de formations de haut niveau. Une attention particulière a été accordée aux agents exerçant à l’intérieur du pays, longtemps restés à l’écart des grandes opportunités de perfectionnement professionnel.
Pour l’AFD, les résultats obtenus démontrent qu’investir dans les compétences des femmes et des hommes qui servent l’État constitue l’un des leviers les plus efficaces pour accélérer le développement du pays.
‘’Monsieur le Ministre a parfaitement rappelé toutes les actions qui ont été entreprises dans le cadre du programme PAPAP, programme qui est complètement en lien avec la stratégie de l’AFD sur la gouvernance et puis sur la modernisation de la fonction de l’administration publique. Nous, on est convaincus qu’il n’y a pas de développement durable sans une fonction publique moderne, sans une transparence, sans hommes et femmes formés. Et on est convaincus qu’investir sur le capital humain, c’est investir dans le développement plus globalement de la Guinée. Ce programme a montré des réalisations très concrètes, que ce soit en termes de formation, en termes de mise en place de contrats d’objectifs et de moyens (…). Sur cette lancée, nous, on est tout à fait ouverts à poursuivre l’accompagnement des autorités guinéennes sur ces sujets, à poursuivre ces programmes’’, a déclaré Vanessa Dousselin, responsable de la division Gouvernance à l’AFD.
Pour Faya François Bourouno, l’un des principaux succès de cette coopération réside dans sa capacité à avoir rééquilibré les chances entre les agents de l’administration centrale et ceux évoluant dans les préfectures, régions et sous-préfectures.
‘’L’Agence française de développement et Expertise France sont des partenaires traditionnels de la République de Guinée (…). L’AFD a soutenu une initiative très importante, qui a apporté beaucoup de transformation. Le programme PAPAP a permis de former plus de 600 cadres intervenant à l’intérieur de la Guinée. Vous savez tous la physionomie de notre administration publique. Les déséquilibres qu’il y a, ceux qui travaillent à l’intérieur sont généralement des oubliés. Ils ne bénéficient presque pas d’actions de la part de l’État. Et donc le programme qu’ils ont soutenu a permis de casser ces mythes en mettant au profit des administrateurs travaillant dans les sous-préfectures, dans les préfectures, dans les régions de toute la Guinée un programme d’excellence, un programme de formation ciblant vraiment des couches très défavorisées, parce que ça a pris en compte le genre avec une forte participation des femmes. Mais de l’autre côté, une exigence forte a été incluse dans ce programme, la participation des personnes vivant avec un handicap. Et le programme a été déroulé sur la base d’une doctrine phare, le mérite’’, a souligné le ministre.
Il ambitionne de faire émerger une administration où le mérite, les compétences et l’engagement deviennent les principaux critères d’évolution, s’inscrivant pleinement dans la dynamique de refondation engagée par les autorités guinéennes, qui ambitionnent de bâtir une fonction publique plus juste, plus performante et davantage tournée vers les résultats.
A l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), référence française en matière d’audit et d’évaluation des politiques publiques, la délégation guinéenne a exploré les mécanismes permettant de mesurer concrètement l’efficacité de l’action publique.
Pour le ministre Bourouno, la croissance économique n’a de sens que si elle améliore effectivement les conditions de vie des populations. D’où la nécessité de disposer d’outils modernes capables d’évaluer l’impact réel des politiques publiques dans les domaines sociaux, économiques et administratifs.
‘’Ce partage d’expériences a été très enrichissant. Ce qui est important, c’est que la volonté du chef de l’État, le président Mamadi Doumbouya, c’est de faire en sorte que cette croissance soit une croissance inclusive. Et pour avoir une croissance inclusive, il faut qu’on questionne l’action publique, dans quelle mesure elle impacte le citoyen, du point de vue social, économique, mais aussi politique. Et je crois que le partage que nous avons eu, dans le cadre de l’appui-conseil, dans le cadre du contrôle, qui permet de poser de bonnes questions afin d’apprécier l’impact des mesures de politique publique qui sont initiées dans le domaine social, je crois que ce modèle peut être inspirant pour nous. C’est un modèle qui est parfaitement transposable, c’est une expérience qui peut aider à mettre en place un mécanisme de travail au niveau de nos inspections, surtout au niveau de l’inspection générale de l’administration’’, a expliqué M. Bourouno.
La délégation guinéenne s’est également rendue à l’Institut national du service public (INSP), héritier de la prestigieuse École nationale d’administration française. A travers le programme INITIA Guinée, 22 cadres guinéens ont bénéficié d’une formation destinée à renforcer leurs capacités de leadership, de gestion des réformes et de conduite du changement.
Pour les responsables de l’INSP, les défis auxquels font face les administrations française et guinéenne présentent de nombreuses similitudes : servir efficacement les citoyens, moderniser les services publics et conduire des réformes ambitieuses dans un contexte de ressources limitées.
Le directeur de l’INSP Paris, Jérôme Filippini, s’est réjoui de la qualité de cette coopération bilatérale. ‘’Je retiens une fierté collective qu’on ait réussi ensemble. Nous sommes deux pays amis, et nous avons confirmé cette volonté de coopérer ensemble. L’École nationale d’administration de Guinée, qui vient de se réformer récemment, a des enjeux qui sont très proches des nôtres. Je pense qu’on a beaucoup d’intérêt à échanger, parce que nos difficultés, quelles que soient les différences de nos pays, elles sont les mêmes. C’est avoir des serviteurs de l’État qui sont utiles pour le pays, qui sont à l’écoute des citoyens, qui savent faire des réformes, qui savent le faire avec des ressources qui sont limitées. Voilà, tout ça, on a les mêmes sujets. Et donc c’est très intéressant, toujours, d’échanger ensemble’’, a-t-il affirmé.
Au-delà des rencontres protocolaires, cette mission s’impose comme une étape stratégique dans la refondation de l’administration guinéenne, appelée à devenir plus performante, plus inclusive et mieux armée pour accompagner les grandes ambitions de transformation économique et sociale du pays.
En renforçant ses partenariats avec l’AFD, l’IGAS et l’INSP, la Guinée se connecte à des centres d’excellence reconnus mondialement et accélère sa montée en compétences dans des domaines clés tels que la gouvernance, l’évaluation des politiques publiques, la formation des hauts fonctionnaires et la gestion de la performance.
A travers cette mission à Paris, Faya François Bourouno réaffirme que la transformation durable de la Guinée passe d’abord par la modernisation de son administration. Une administration fondée sur le mérite, ouverte à tous les talents, attentive aux besoins des citoyens et capable d’accompagner efficacement les grandes ambitions de développement du pays.
Avec le programme Simandou 2040, la Guinée s’attèle à bâtir une administration publique efficace dans son fonctionnement, exemplaire dans sa gouvernance et pleinement engagée au service des citoyens.
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