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Pendant quatre jours, du 26 au 29 mai 2026, 22 journalistes africains venus notamment de Guinée, du Sénégal, du Mali, de l’Éthiopie, de l’Angola et de plusieurs autres pays du continent ont effectué une immersion au cœur de l’innovation technologique de Tianjin, dans le nord de la Chine. Cette visite s’inscrivait dans le cadre du programme 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC).
À travers la découverte d’entreprises de pointe, de centres de recherche et d’infrastructures intelligentes, les professionnels des médias ont pu mesurer l’ampleur de la transformation technologique engagée par la ville de Tianjin, métropole portuaire qui ambitionne de devenir l’un des principaux pôles d’innovation du pays.
Tianjin, un écosystème industriel tourné vers l’avenir
Longtemps reconnue pour sa puissance industrielle, Tianjin a progressivement construit une économie diversifiée articulée autour de trois grands piliers : la fabrication avancée, les services modernes et les industries émergentes.
La ville abrite notamment la chaîne d’assemblage final des avions Airbus A320 dans le district de Binhai, tandis que son secteur des services accueille de nombreux sièges régionaux d’entreprises multinationales. Mais c’est surtout dans les domaines des nouvelles technologies de l’information, de la biomédecine, des nouvelles énergies et des nouveaux matériaux que Tianjin affirme aujourd’hui son leadership.
Le district de Binhai constitue le cœur de cette dynamique. Cette vaste zone économique concentre des entreprises de haute technologie, des centres de recherche et des infrastructures industrielles de nouvelle génération. Tianjin y a notamment établi l’une des premières zones pilotes nationales dédiées au développement de l’intelligence artificielle de nouvelle génération.
Lenovo, symbole de la fabrication intelligente
Parmi les étapes marquantes du séjour figurait la visite du parc industriel Lenovo (Tianjin) Smart Innovation Service, inauguré en novembre 2023 dans la zone économique de l’aéroport de Binhai.
À la fois centre logistique majeur pour le nord de la Chine et modèle mondial de démonstration zéro carbone du groupe Lenovo, ce complexe illustre parfaitement la convergence entre industrie manufacturière avancée et technologies numériques.
Le parc intègre la recherche, la production, les services intelligents et les espaces d’exposition. Grâce à l’intelligence artificielle, au cloud computing, aux mégadonnées et à l’Internet des objets, les équipements sont interconnectés, les processus automatisés et la consommation énergétique optimisée.
Les journalistes africains ont également découvert le « Future Center », une vitrine technologique de près de 6 900 m² présentant les innovations de Lenovo dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’énergie, des transports, de la finance ou encore du commerce de détail.
Fondée en 1984, Lenovo est aujourd’hui le premier fabricant mondial d’ordinateurs personnels. Présente dans plus de 160 pays et forte de plus de 60 000 employés, l’entreprise illustre la capacité des groupes technologiques chinois à conquérir les marchés internationaux grâce à l’innovation.
Atomu Robotique, le champion chinois des robots parallèles
L’un des temps forts du programme a été la visite de Tianjin Atomu Robotique Co., Ltd., entreprise considérée comme l’un des fleurons de la robotique chinoise.
Fondée en 2013 dans la Nouvelle Zone de Binhai, la société tire son nom du célèbre personnage de manga Astro Boy (« Tetsuwan Atomu »), créé par Osamu Tezuka. Aujourd’hui, elle transforme cette inspiration futuriste en réalité industrielle.
Tianjin compte désormais plus de 100 entreprises spécialisées dans la robotique. Atomu s’est imposée comme le champion national du robot parallèle, une technologie réputée pour sa rapidité, sa précision et sa robustesse.
L’entreprise a déjà livré plus de 100 000 robots dans plus de 30 pays et régions du monde. Ses clients incluent de grands groupes industriels internationaux tels que BYD, CATL ou encore Great Wall Motors.
L’un des exemples les plus spectaculaires de ses innovations est un robot capable de trier jusqu’à 400 pots de yaourt par minute, soit plus de six unités par seconde. Cette technologie est aujourd’hui utilisée dans plus de 8 000 scénarios industriels, allant de l’agroalimentaire à l’électronique.
Selon le cabinet Frost & Sullivan, Atomu est classée première marque chinoise de robots parallèles depuis cinq années consécutives. Depuis 2023, elle occupe également la première place sur le marché chinois devant les marques étrangères.
Tianbing N°1, le pari de l’intelligence incarnée
Au-delà de la robotique industrielle, Atomu investit massivement dans l’intelligence incarnée, l’une des branches les plus prometteuses de l’intelligence artificielle.
En mai 2025, l’entreprise a lancé « Tianbing N°1 », premier robot humanoïde développé à Tianjin. Doté de 27 degrés de liberté, capable de porter jusqu’à 12,5 kilogrammes par bras et jusqu’à 200 kilogrammes au niveau de la taille, ce robot associe précision et puissance. Une version améliorée a vu le jour fin 2025, avec des bras biomimétiques encore plus proches des mouvements humains.
Contrairement à de nombreux prototypes expérimentaux, Tianbing N°1 est déjà testé dans plusieurs usines où il participe à l’assemblage de pièces automobiles et au contrôle qualité dans l’industrie électronique. Son utilisation concrète témoigne de la volonté de Tianjin d’accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus industriels.
Deepinfar, l’innovation chinoise à la conquête des océans
Les journalistes ont également visité Deepinfar Ocean Technology Company, entreprise spécialisée dans les équipements sous-marins intelligents.
Fondée en 2013, cette société nationale de haute technologie emploie près de 200 chercheurs et ingénieurs. Elle s’est distinguée par ses avancées dans les systèmes de propulsion, la navigation sous-marine, le contrôle intelligent et le positionnement en profondeur.
Deepinfar développe des robots sous-marins téléopérés, des véhicules sous-marins autonomes et des planeurs intelligents utilisés dans des secteurs variés tels que la recherche scientifique, l’ingénierie offshore, l’hydroélectricité, les secours d’urgence ou encore la surveillance environnementale.
L’entreprise a également créé la marque SUBLUE destinée au grand public, proposant des scooters sous-marins, des drones aquatiques et d’autres équipements de loisirs nautiques innovants.
Ses drones pour révolutionner le réseau électrique
Autre illustration de la modernisation technologique de Tianjin : la visite du Centre des opérations d’inspection par drone de la société State Grid Tianjin High Voltage Company.
Ce centre utilise des drones intelligents pour inspecter les lignes à haute tension. Grâce à des stations automatisées appelées « nids de drones », les appareils effectuent des missions autonomes à distance avec un taux de couverture atteignant 100 %.
Les inspections comprennent notamment l’analyse détaillée des pylônes, la thermographie infrarouge et la détection précoce des anomalies. Ces technologies remplacent désormais totalement les opérations manuelles.
Les données collectées sont ensuite traitées en temps réel par le Centre de contrôle et de gestion des lignes de transport, véritable cerveau numérique du système. Fonctionnant 24 heures sur 24, il permet d’anticiper les pannes, d’améliorer la maintenance préventive et de renforcer la sécurité du réseau électrique.
Tianjin, laboratoire de la Chine du futur
Les visites effectuées par les journalistes africains ont mis en lumière une réalité : Tianjin est aujourd’hui l’un des laboratoires les plus dynamiques de l’innovation chinoise.
Avec 528 usines intelligentes, dont 17 reconnues au niveau national, une industrie de haute technologie en forte croissance et un écosystème complet allant des puces électroniques aux applications industrielles, la métropole confirme son ambition de devenir un centre mondial de l’économie intelligente.
À travers Lenovo, Atomu, Deepinfar ou encore State Grid, Tianjin démontre sa capacité à transformer les avancées scientifiques en applications concrètes au service de l’industrie, de l’énergie, des transports et de la vie quotidienne.
Plus qu’un simple centre industriel, la ville s’affirme désormais comme une vitrine de la Chine innovante, où l’intelligence artificielle, la robotique, les technologies numériques et les équipements intelligents dessinent déjà les contours de l’économie de demain.


De Beijing, Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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