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Derrière le sourire de Gobou Flora Bimou, sacrée première de la République en sciences sociales au baccalauréat unique 2026, et celui de sa sœur Pauline-Mars Bimou, classée huitième en sciences expérimentales, se cache une histoire faite de sacrifices, de discipline et d’un soutien familial sans faille. Au cœur de cette réussite, une mère qui a accompagné ses filles pendant plusieurs années, convaincue que leurs efforts finiraient par être récompensés.
L’annonce des résultats a provoqué une immense émotion dans la famille. Pour Marie Madeleine Koivogui, mère des deux lauréates, cette double distinction nationale dépasse largement le cadre d’un simple succès scolaire.
« Waouh ! Quelle grâce ! Je suis très fière. Je ne peux que remercier le Dieu Tout-Puissant, remercier leur école Emmaüs Emmanuel, l’école Sadegou à Conakry qui les a encadrées jusqu’en douzième année, les différents professeurs et leur coach principal, M. Barry, du lycée Saint-Georges de Conakry. Vraiment, je suis émue et très fière. »
Une promesse née après le brevet
Pour cette mère de famille, l’histoire commence bien avant les épreuves du baccalauréat. Après leur admission au brevet, ses deux filles lui font une promesse qui marquera leur parcours.
« Après le brevet, elles sont venues me dire : « Maman, nous voulons être lauréates. » Je leur ai répondu : « Oui, vous pouvez le faire. » Elles m’ont dit : « Oui, on va le faire. » C’est à partir de ce moment que nous avons commencé à nous préparer. »
La famille s’organise alors autour de cet objectif. Achat des documents scolaires, suivi régulier, révisions quotidiennes : tout est mis en œuvre pour permettre aux deux jeunes filles de donner le meilleur d’elles-mêmes.
Trois années de sacrifices
À partir de la onzième année, les loisirs passent au second plan. Pendant trois ans, les deux sœurs consacrent l’essentiel de leur temps aux études.
Leur mère raconte avec émotion cette période d’efforts constants.
« De la onzième année jusqu’en terminale, les enfants n’ont pas eu de vie, sinon que les études. Elles n’ont pas eu de vacances, elles n’ont pas eu de plaisir, sinon que les études. À un moment, c’était même trop. C’est moi-même qui venais leur dire : « Non, non, arrêtez, fermez les cahiers maintenant, reposez-vous un peu. » »
Selon elle, les deux jeunes filles partageaient la même ambition : figurer parmi les meilleurs élèves du pays.
« Ce n’était pas facile. Elles voulaient coûte que coûte être lauréates. Elles voulaient toutes les deux être premières. Mais Dieu faisant grâce, l’une est première et l’autre est huitième. Je suis énormément fière. »
Une famille sous le signe de l’excellence
La réussite simultanée des deux sœurs constitue l’un des faits marquants de cette session 2026 du baccalauréat. Pour leur mère, cette performance revêt une dimension toute particulière.
« Ma fille, la grande sœur de la première, est huitième de la République en sciences expérimentales. Même père, même mère. Ce sont des enfants extraordinaires. »
Puis, dans un sourire mêlé de larmes, elle résume son bonheur en quelques mots.
« Oui, je suis la mère la plus chanceuse. »
À Kankan, l’histoire de Gobou Flora et Pauline-Mars Bimou dépasse désormais le cadre d’une simple performance scolaire. Elle rappelle que derrière les premiers rangs des classements nationaux se trouvent souvent des années de travail, des sacrifices silencieux et des familles qui, dans l’ombre, accompagnent chaque étape du parcours de leurs enfants.
Karifa Doumbouya, correspondant régional à Kankan
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