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Le jeudi 18 juin prochain marquera une date historique pour l’école primaire publique de Kindiady, dans la commune urbaine de Dubréka. Pour la toute première fois depuis son ouverture, l’établissement présentera des candidats à l’examen du Certificat d’études élémentaires (CEE). Au total, 45 élèves, dont 20 filles, affronteront les épreuves nationales.
Créée il y a seulement deux ans dans un quartier en pleine expansion, cette école publique se prépare activement à cet important rendez-vous malgré de nombreuses difficultés. Entre manque d’enseignants, absence d’eau potable et infrastructures insuffisantes, le directeur et son équipe pédagogique s’efforcent de faire réussir leurs élèves.
‘’L’école a ouvert ses portes en 2024. Cette année, c’est notre deuxième année d’existence. Les élèves que nous avons ici n’ont pas commencé leur parcours chez nous. Ils viennent de plusieurs établissements différents’’, explique le directeur, Souleymane Foyinké, lors d’un entretien accordé à notre rédaction ce mercredi.
Une école construite par la communauté…
À Kindiady, l’histoire de l’école est avant tout celle d’une mobilisation communautaire. Le bâtiment a été construit grâce à l’implication des habitants avant d’être remis à l’État. ‘’Je remercie la population de Kindiady. L’école que vous voyez aujourd’hui a été construite par la communauté avant d’être donnée à l’État. Tout ce que nous avons ici est le fruit des efforts des habitants’’, souligne le directeur.
Mais derrière cette réussite se cachent de nombreuses difficultés. L’établissement, qui accueille plus de 500 élèves, ne dispose ni de clôture ni d’un point d’eau fonctionnel. ‘’Les tables-bancs ont été fournies par les parents d’élèves, mais elles ne répondent pas toujours aux normes. Nous sommes obligés de les réparer presque chaque mois. Nous n’avons pas de clôture et l’absence d’eau constitue également un véritable problème’’, déplore-t-il
Le déficit d’enseignants demeure également une préoccupation majeure. Avec seulement cinq enseignants affectés par la Direction préfectorale de l’éducation (DPE), en plus du directeur, l’école est contrainte de fonctionner en système de rotation. ‘’Nous disposons de six salles de classe. Pour faire fonctionner correctement l’école le matin et le soir, il nous faudrait au moins douze enseignants. Heureusement, avec l’appui du chef de quartier, deux jeunes nous apportent leur aide’’, précise-t-il.
Le manque de suivi parental, une autre inquiétude
Au-delà des difficultés matérielles, le directeur pointe également du doigt l’insuffisance du suivi parental. ‘’C’est un grand problème. Souvent, je passe des messages à la mosquée pour sensibiliser les parents. Même lorsqu’on organise des réunions, certains ne viennent pas. Beaucoup pensent que l’éducation de l’enfant est uniquement l’affaire de l’école. Pourtant, une fois à la maison, il n’y a pratiquement aucun suivi’’, regrette-t-il.
CEE 2026 : ‘’Tout est prêt’’
Malgré ces contraintes, l’équipe pédagogique se veut confiante à quelques jours du début des épreuves. ‘’Nous avons presque tout mis en ordre. Nos candidats sont répartis dans trois centres proches de leurs domiciles. Les procès-verbaux, les cartes d’examen, tout est prêt. Nous leur apprenons également à remplir correctement les fiches d’examen et nous travaillons régulièrement sur des sujets d’examens blancs afin de mieux les préparer’’, affirme M. Foyinké.
Le directeur nourrit de grandes ambitions pour cette première participation au CEE. ‘’Nous espérons atteindre un taux de réussite de 95 %. Avec davantage d’implication des parents, ce serait encore mieux. Nous leur demandons de continuer à accompagner leurs enfants’’, plaide-t-il.
À l’approche des examens, il invite les candidats à garder confiance et lance un appel aux autorités éducatives. ‘’Je demande aux élèves de prendre courage et de poursuivre les révisions. Aux parents, je rappelle que leur avenir, ce sont leurs enfants. Il faut les accompagner, les réveiller tôt le jour de l’examen et veiller à ce qu’ils prennent leur petit-déjeuner avant de se rendre dans les centres. Quant à l’État, nous avons surtout besoin d’enseignants. Avec davantage d’enseignants, nous pourrons mieux encadrer les élèves’’, insiste-t-il.
Aminata Camara, l’exemple à suivre
Parmi les 45 candidats, une élève suscite particulièrement l’admiration du directeur : Aminata Camara. ‘’C’est une fille très brave et très intelligente. Nous venons de faire un exercice de calcul et elle a obtenu 9,5 sur 10. Ses parents me contactent régulièrement pour s’informer de sa situation à l’école. Dès qu’elle rentre un peu tard après les cours, ils m’appellent. Cela montre qu’ils suivent de près son parcours scolaire’’, raconte-t-il avec fierté.
Pour Souleymane, l’exemple d’Aminata et de sa famille illustre parfaitement l’importance de l’implication des parents dans la réussite scolaire. ‘’Je souhaite que les autres parents fassent la même chose. Quand les familles suivent leurs enfants, les résultats sont forcément meilleurs’’, conclut-il.
À Kindiady, malgré des moyens limités et des défis quotidiens, l’école publique s’apprête donc à franchir une étape majeure de son existence. Un premier CEE vécu comme un test grandeur nature, mais aussi comme un symbole d’espoir pour toute une communauté qui a fait de l’éducation une priorité.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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