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Réunis ce samedi à la Bourse du Travail de Conakry, les enseignants contractuels non retenus ont fait le point sur l’évolution des négociations avec les autorités en vue de leur intégration à la fonction publique.
Si les responsables syndicaux affichent leur optimisme quant à une issue favorable, ils préviennent qu’en l’absence d’un arrêté d’engagement avant la rentrée scolaire, une grève générale et illimitée pourrait être déclenchée.
Plusieurs centaines d’enseignants venus de différentes préfectures ont participé à cette rencontre destinée à informer les concernés sur l’état d’avancement du dossier.
Prenant la parole, le coordinateur du collectif des enseignants contractuels non retenus de Guinée, Diaka Sow, s’est agenouillé pour adresser une supplique au président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Il a également interpellé l’intersyndicale de l’éducation, estimant que le temps presse.
« Si notre arrêté d’engagement n’est pas signé pendant ces vacances, nous allons faire recours à l’intersyndicale de l’éducation. (…) À défaut de cela, vous allez nous permettre de déclencher une grève générale et illimitée. Tant qu’il n’y a pas d’arrêté d’engagement, il n’y aura pas de cours », a-t-il déclaré.
Rappelant le parcours des enseignants concernés, il a plaidé pour leur engagement, soulignant qu’ils ont servi dans les écoles du pays avant de réussir le concours spécifique de pratiques de classe.
Le responsable de la communication du SLECG des contractuels communaux, Mohamed Bangoura, a assuré que le traitement des dossiers est pratiquement achevé.
« Je vous rassure que vous êtes déjà à la fonction publique », a-t-il affirmé, expliquant que le retard est lié aux vérifications entreprises afin qu’aucun enseignant ne soit omis.
Selon lui, la commission poursuit les contrôles jusque dans les localités les plus reculées afin de garantir l’exhaustivité de la liste des bénéficiaires.
Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation, Michel Pépé Balamou, a renouvelé le soutien de l’intersyndicale aux enseignants contractuels.
Pour lui, ces derniers ont déjà fait leurs preuves sur le terrain et doivent être engagés avant tout nouveau recrutement.
Évoquant les difficultés de l’école publique guinéenne, il a insisté sur le manque d’enseignants dans plusieurs établissements.
« Aujourd’hui, l’école guinéenne est malade. Elle manque d’enseignants et souffre de la faiblesse des apprentissages », a-t-il déclaré, estimant qu’il est indispensable de doter chaque classe d’un enseignant afin d’améliorer les résultats scolaires.
Le syndicaliste a également prévenu que l’intersyndicale ne cautionnera pas une rentrée scolaire sans l’engagement des enseignants contractuels.
« Il n’y aura pas de possibilité d’ouvrir les classes dans ces conditions (…) sans que vous soyez engagés », a-t-il averti, assurant que les organisations syndicales feront front commun pour défendre ce dossier.
Le secrétaire général de la Fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE), Alpha Gassime Barry, s’est voulu rassurant. Selon lui, le dossier est désormais une priorité et les avancées enregistrées permettent d’espérer un dénouement favorable.
Il a salué la mise en place de la commission chargée d’examiner les dossiers, qu’il considère comme une étape importante vers l’engagement des enseignants.
« Nous vous avons toujours demandé de garder espoir. (…) Le bonheur est près de nous », a-t-il conclu.
En attendant une décision des autorités, les enseignants contractuels maintiennent la pression et conditionnent désormais une rentrée scolaire apaisée à la signature de leur arrêté d’engagement. Les syndicats, eux, se disent prêts à durcir le ton si aucune avancée concrète n’intervient dans les prochaines semaines.
Mayi Cissé
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