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Le décès de Mamadou Djouma Bah, candidat au baccalauréat, session 2026, continue de susciter de nombreuses réactions. Âgé de 18 ans et atteint de drépanocytose, il est décédé après avoir été condamné pour fraude aux examens. Son père revient sur les derniers instants de son fils et appelle les autorités à revoir la gestion de ce type de dossiers.
Depuis la matinée de ce mardi 21 juillet 2026, les réseaux sociaux sont inondés de messages annonçant le décès de Mamadou Djouma Bah, candidat au baccalauréat. Souffrant de drépanocytose, il avait été condamné à une peine de prison pour des faits de fraude lors des épreuves.
Son père, Boubacar Bah, raconte avec émotion les circonstances ayant précédé la disparition de son fils. Il explique que ce dernier poursuivait ses études à Kindia depuis plusieurs années, loin de la famille.
‘’Je ne vis pas à Kindia. C’est mon fils qui y est venu pour ses études. Il était là depuis la 8ᵉ année jusqu’au baccalauréat. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé pendant les épreuves, parce qu’il n’a jamais eu le temps de me l’expliquer. Ils ont été arrêtés puis conduits en prison. Mon fils souffrait de drépanocytose et ne supportait pas le froid. Il est resté quatorze jours en détention avec six autres personnes, dont une nourrice. S’il était sorti avant, il aurait peut-être pu m’expliquer ce qui s’était réellement passé’’, confie-t-il.
Très affecté par la disparition de son fils, Boubacar Bah lance un appel aux autorités afin qu’elles réfléchissent à une autre manière de traiter les élèves impliqués dans ce genre d’affaires.
‘’Je demande aux autorités de revoir leur manière de faire. Les élèves sont l’avenir de ce pays. Ce sont eux qui deviendront journalistes, médecins, militaires ou même président de la République. Je demande aussi que les autres élèves encore en prison puissent retrouver la liberté’’, plaide-t-il.
Revenant sur les derniers moments de son fils, le père explique que celui-ci avait bénéficié d’une prise en charge médicale avant son décès.
‘’Mon fils avait été autorisé à être hospitalisé. Après dix jours à l’hôpital, les médecins nous ont demandé de rentrer à la maison pour suivre son évolution. Mais dès notre arrivée devant la porte, il est tombé. Nous sommes repartis immédiatement à l’hôpital. Vers 23 heures hier, il m’a dit : ‘Papa, je ne respire pas bien’. Ensuite, il m’a demandé de le laisser s’appuyer sur moi en disant qu’il allait mourir. Quelques minutes plus tard, il a rendu l’âme. Il venait d’avoir 18 ans il y a seulement deux mois’’, témoigne-t-il.
De son côté, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia présente ses condoléances à la famille et assure que la justice a autorisé la prise en charge médicale du jeune détenu dès que son état l’exigeait.
‘’Nous sommes navrés par ce décès. Personne ne souhaite la mort d’un détenu. Nous aurions préféré qu’il purge sa peine et retrouve ensuite sa place dans la société. Dès que nous avons été informés de son état de santé, nous avons autorisé sa prise en charge et il a été remis à ses parents. Je ne refuserai jamais qu’une personne malade soit soignée. La prison n’est pas faite pour tuer quelqu’un, mais pour lui permettre de se repentir avant de reprendre une vie normale’’, affirme le magistrat.
Le procureur précise que les élèves condamnés étaient répartis, conformément aux règles en vigueur, entre les quartiers réservés aux mineurs et aux femmes. Il ajoute qu’aucune plainte particulière ne lui avait été signalée lors de ses visites à la maison centrale de Kindia.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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