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L’élection des maires et des conseillers communaux s’est déroulée sur toute l’étendue du territoire national dans une atmosphère globalement marquée par la sérénité et le patriotisme, ce jeudi 2 juillet 2026. À Djoma Kingnéba-Koura, dans la préfecture de Siguiri, le processus n’a toutefois pas connu le même dénouement.
L’élection du maire de cette commune rurale a en effet viré à l’impasse. Prévu à partir de 7h30, le scrutin n’avait toujours pas abouti à 16 heures, après le retrait des neuf conseillers du GMD de la salle de vote, paralysant ainsi le processus électoral.
À l’issue des élections communales, le GMD avait obtenu 9 sièges contre 8 pour l’UPCDK (Union pour le changement de Djoma Kingnéba-Koura), sur un total de 17 conseillers.
Selon les informations recueillies, les conseillers de l’UPCDK étaient présents pour participer au vote. En revanche, le candidat du GMD, Kabinet Traoré, aurait demandé à ses neuf conseillers de quitter la salle avant le début du scrutin, empêchant de fait la tenue de l’élection.
Interrogé sur la non-tenue du scrutin, le sous-préfet de Kingnéba-Koura, Makan Kourouma, a confirmé que le vote n’a pas pu se dérouler en raison de difficultés survenues au sein du camp majoritaire.
« L’élection n’a pas pu avoir lieu. Lors des communales, le GMD avait remporté 9 sièges contre 8 pour le parti indépendant UPCDK. Ce jeudi, nous avons été surpris de voir le candidat du GMD demander à ses conseillers de quitter la salle et de rentrer à la maison. Il estime qu’une conseillère de sa liste, qui est la jeune sœur de son adversaire Boh Lancinet Traoré, pourrait voter en faveur de son frère. J’ai établi un rapport que j’ai transmis au préfet », a expliqué le sous-préfet.
Toujours selon nos informations, le candidat du GMD aurait tenu, dans la nuit du mercredi 1er juillet, une réunion avec ses conseillers au cours de laquelle il leur aurait demandé de prêter serment sur le Coran afin de garantir leur fidélité lors du vote. Une démarche qui n’aurait pas fait l’unanimité, notamment auprès de la conseillère concernée.
Le candidat du GMD réclamerait désormais le retrait du nom de cette élue de la liste de son parti, alors même que cette liste a été validée par la Cour suprême.
Cette situation soulève plusieurs interrogations au sein de la population : si le candidat du GMD savait que cette conseillère était la sœur de son principal adversaire, pourquoi avoir maintenu sa candidature sur une liste validée ? Et pourquoi cette contestation intervient-elle uniquement au moment de l’élection du maire ?
En attendant les décisions des autorités administratives et électorales, les habitants de Djoma Kingnéba-Koura restent dans l’expectative. Ce blocage inédit ouvre une période d’incertitude dont l’issue sera déterminante pour l’installation des nouvelles autorités locales.
Nouhan Konaté, correspondant à Siguiri
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