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Du 11 au 13 juin 2026, Conakry accueille la première édition des ‘72 Heures des Mobilités’, une rencontre qui réunit institutions, diaspora, étudiants et acteurs de la société civile autour d’un objectif commun : déconstruire les idées reçues sur la migration, promouvoir des parcours réguliers et sécurisés, et valoriser le retour des compétences au service du développement de la Guinée.
C’est un espace de dialogue ouvert et sans tabou qui s’est installé dans la capitale guinéenne. Coorganisée par l’Ambassade de France en Guinée, Expertise France et plusieurs partenaires, notamment l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), France Volontaires et l’Institut français, cette première édition se veut un véritable cadre de réflexion et d’échanges sur les dynamiques de mobilité entre la Guinée et la France.
Dans un contexte marqué par le fort désir de nombreux jeunes Guinéens de poursuivre des études, travailler ou entreprendre à l’international, l’événement entend mieux faire connaître les voies légales de mobilité, sensibiliser aux risques liés à la migration irrégulière et mettre en lumière la contribution essentielle de la diaspora au développement du pays.
Pour Nicolas Huet, représentant d’Expertise France en Guinée, cette initiative ne doit pas se limiter à une démarche institutionnelle. Selon lui, elle a été conçue pour répondre ‘’aux réalités vécues par les femmes et les hommes qui aspirent à étudier, travailler, entreprendre ou revenir’’.
Rappelant un adage guinéen selon lequel ‘’tout ce qui est fait sans moi est fait contre moi’’, il a salué l’approche inclusive adoptée ainsi que la coopération étroite avec les autorités guinéennes, notamment à travers le cadre d’action issu du sommet de La Valette, fondé sur la promotion de la migration régulière et la reconnaissance du lien étroit entre mobilité humaine et développement.
Au-delà des chiffres, le pari du retour des talents et de l’entrepreneuriat
La relation migratoire entre la Guinée et la France s’inscrit dans une histoire ancienne et dense. Face à certaines idées reçues, l’ambassadeur de France en Guinée a tenu à apporter des précisions sur la politique française de délivrance des visas : ‘’Contrairement à la rumeur, nous avons délivré 12 500 visas l’année dernière. Nous comptabilisons également 95 000 titres de séjour pour la communauté guinéenne en France. On n’est pas fermé’’.
Le diplomate a rappelé que derrière ces données statistiques se trouvent de nombreuses trajectoires de réussite, mais aussi des situations plus complexes. Il a notamment indiqué que la première cause de demande d’asile des ressortissants guinéens en France concerne désormais la prévention des mutilations génitales féminines (MGF).
Cette première édition met également un accent particulier sur le phénomène des « repats » et des Alumni, ces Guinéens ayant acquis des compétences à l’étranger et qui font le choix de revenir contribuer au développement économique de leur pays.
À cet effet, l’ambassadeur a mis en avant plusieurs parcours accompagnés par l’OFII, notamment celui d’une jeune femme devenue directrice d’un salon de beauté à Matam après une formation en CAP en France, ainsi que celui d’un diplômé de licence qui a lancé une activité commerciale prospère au marché de Madina.
Pour renforcer cette dynamique de retour des compétences, la France entend s’appuyer sur Simandou Académy, présenté comme un dispositif capable d’identifier et d’attirer des profils qualifiés afin de contribuer à la construction de l’économie nationale.
Représentant le ministre des Affaires étrangères, l’ambassadeur Mamadou Saïtiou Barry, Directeur général des Guinéens établis à l’étranger (DGGEE), a pour sa part réaffirmé la volonté des autorités guinéennes, sous le leadership du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, de faire de la diaspora une ‘’ressource stratégique’’ pour le développement du pays.
À travers des initiatives telles que le Centre de ressources pour les personnes migrantes (CRPM), financé par l’Agence française de développement (AFD), et le projet AMIS, soutenu par l’Union européenne, la Guinée poursuit la modernisation de sa gouvernance migratoire. « Le défi migratoire ne saurait être relevé par un seul pays. Il exige une coopération internationale renforcée », a insisté le Directeur général.
Après la cérémonie d’ouverture officielle, présidée par la Cheffe de cabinet du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, les participants ont pris part au premier panel intitulé ‘Mobilités légales : zéro fraude, bon départ’, animé notamment par l’ambassadeur de France, le consul et le responsable de Campus France.



Entre rencontres universitaires à l’Université de Sonfonia, échanges autour d’études culturelles, témoignages d’anciens bénéficiaires et prestations artistiques, cette première édition des 72 Heures des Mobilités dessine les contours d’une mobilité mieux encadrée, plus sûre et davantage tournée vers le partage des compétences et le développement durable entre la Guinée et la France.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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